dimanche 28 janvier 2018

INTERVIEW NADIA COSTE #PLIB2018


Je suis très heureuse de partager avec vous l'interview de Nadia Coste, une autrice jeunesse qui vit près de Lyon et dont j'apprécie chacune de nos rencontres que ce soit réelles ou à travers ses romans! Cette interview se déroule dans le cadre du Prix Littéraire de l'Imaginaire BooktubersApp 2018 (#PLIB2018) J'ai lu l'effet Ricochet, que j'ai proposé durant la phase de pré-sélection, et j'avais donc très envie de vous permettre de la découvrir et/ou d'en apprendre plus sur elle!

Quand elle était petite, Nadia Coste avait beaucoup d’imagination, mais elle n’aimait pas lire. Le déclic n’est venu qu’à dix-huit ans, en découvrant les littératures de l’imaginaire. Depuis, elle est convaincue qu’il suffit de rencontrer le roman qui nous correspond pour basculer dans le monde des lecteurs…
Elle est l’auteur des séries Fedeylins (Gründ, 2011), Les Yeux de l’aigle (Gründ, 2012), ainsi que des romans Le Premier (Scrineo, 2015), L’Empire des Auras (Le Seuil, 2016), Seuls les alligators vous
entendront crier (Scrineo, 2016) et L’Effet Ricochet (Le Seuil, 2017). Ascenseur pour le futur (Syros, 2014) lauréat du prix Plume Jeunesse du Chapiteau du Livre, du Prix Jeunesse de Lire en Poche en 2015, ainsi que du Prix Bouquin Malin 2016, a été nominé au Prix des Incorruptibles 2015/2016 en catégorie CM2-6e. Nadia Coste est fan de Robin Hobb, a une passion pour le thé, et se drogue au chocolat. Elle a atteint la période de sa vie où il devient malpoli de lui demander son âge, mais si vous êtes bon en maths sachez qu’elle est née en 1979. Elle a grandi près de Lyon, où elle vit toujours avec son mari et leurs trois enfants. (Source : www.lesincos.com) 

-          Tu es une autrice très prolifique, mais ta découverte de la lecture est apparue tardivement, peux tu nous en dire plus ? 

Alors, effectivement, quand j’étais petite, je n’aimais pas lire. J’étais moyenne à l’école, et plutôt nulle en orthographe. Je n’ai découvert qu’assez tard (vers 18 ans) qu’en réalité, je n’aimais simplement pas les livres qu’on m’obligeait à lire ! Le déclic s’est fait en découvrant les littératures de l’imaginaire… et là, je me suis rendue compte que j’avais beaucoup de retard à rattraper !
Plus je lisais, plus je lisais vite, moins la lecture était douloureuse, et plus le plaisir était grand !
Par contre, j’avais toujours eu des histoires plein la tête (je m’en servais pour jouer, quand j’étais petite…). Quand j’ai commencé à lire vraiment, j’ai eu l’impression que ces histoires existaient déjà dans des romans (mais je ne savais pas encore dans lesquels). Jusqu’à ce que je me rende compte que non, ces histoires étaient dans ma tête et pas dans celle de quelqu’un d’autre ! J’ai donc retroussé mes manches et je me suis lancée, d’abord pour moi, comme des exercices pour progresser, puis comme un « vrai travail »…
Depuis, j’ai publié vingt romans ! 

-          Je trouve ton parcours de lecteur/autrice incroyable!  J'imagine que cela peut inspirer de nombreuses personnes qui sont réticentes à la lecture!! Du coup, cela te fait combien de livres  par an ?
Ça dépend des années. Et c’est difficilement quantifiable car je travaille sur plusieurs projets en même temps (quand le premier jet de l’un se repose, j’en corrige un autre…). On va dire de deux à quatre. Ça dépend aussi de la taille du roman (et/ou de l’âge du lecteur).
J’écris assez vite, puisqu’en phase de rédaction, j’écris en moyenne un chapitre par jour (le premier jet d’un petit roman peut donc être finalisé entre 10 jours et un mois !). Mais, en général, il se passe deux ans entre la première idée et la publication d’un roman.

-          En tant qu'autrice spécialisée en jeunesse, tu interviens souvent en milieu scolaire , peux tu nous raconter une anecdote sur ces rencontres ?
Alors… j’ai fait beaucoup de rencontres pour « Ascenseur pour le futur » avec des CM2 et des 6ème. Mes souvenirs sont quasiment tous très positifs. Je pourrais parler des ascenseurs bricolés en carton (j’en ai des super), ou de l’émotion ressentie lorsque des élèves ont joué une scène du roman (j’ai failli pleurer), ou encore de la remise du prix Bouquin Malin à Oloron Ste Marie, où j’ai fait face à une salle de spectacle complète d’enfants en train de crier et m’applaudir… mais lors de mes rencontres, il y a un garçon en particulier qui m’a demandé de mettre son prénom dans un livre. Je ne sais pas si c’est la façon dont il me l’a demandé, ou toute la souffrance que j’ai sentie lorsqu’il m’a expliqué qu’il ne voyait jamais son prénom à lui dans un livre, ni même dans le moindre exemple de ses manuels scolaires, mais il s’est passé quelque chose.
Ce garçon s’appelait Ayrton, et c’est le prénom du héros dans « Papa de papier » dont je vous parle un peu plus tard J

-          C'est super touchant, ce sont des moments très marquants, et empreints de reconnaissance :) Du coup, cela nous entraîne vers la prochaine question justement, avec ces interventions scolaires, les salons, ta famille, ton travail.. comment arrives tu à conjuguer tout cela? 
Difficilement !
Dans une journée type : j’emmène mes enfants à l’école, je vais à mon « autre » travail, je récupère mes enfants (s’en suit une phase de devoirs/ménage/préparation de repas/course aux diverses activités des uns et des autres), puis, quand mes enfants sont couchés, je vais travailler (entre 21h et 23h). Ça peut être de la rédaction pure, des recherches, des corrections, ou du traitement administratif lié à ce second métier (mails, déclarations AGESSA ou autres joyeusetés).
J’ajoute à cela quelques salons le week-end, des interventions scolaires de temps en temps, et les « corrections à rendre pour demain » qui prolongent la plage horaire jusqu’à deux heures du matin…
Bref, il me manque une phase de repos, et pas mal de sommeil, car je tiens ce rythme depuis plusieurs années maintenant.

-         Mais alors, tu es une de ces WonderWoman ?! Pour aborder un thème plus général concernant la littérature de l'imaginaire, que penses-tu de sa place dans notre société actuelle ?
C’est terrible parce qu’elle est encore vue comme une sous-littérature (et je ne parle même pas des romans pour la jeunesse en mode « écrire pour les enfants, c’est facile ! »). Le grand public déclare souvent qu’il n’aime pas la SF, mais la plupart des personnes vous diront avoir adoré Avatar, Alien, Retour vers le futur, Star Wars ou les Avengers… En fait, l’imaginaire est partout au cinéma ou dans les séries (il n’y a qu’à voir le succès de Game of Thrones ou The Walking Dead), mais on dirait que dès qu’il s’agit de romans, c’est différent !
Il y a les lecteurs qui ont peur de ne rien comprendre (« la SF, c’est une succession de formules mathématiques, je n’y connais rien ! »), ceux qui pensent que l’imaginaire est réservé aux enfants (« mon fils ne lit que de la fantasy… j’aimerai qu’il passe à autre chose, qu’il grandisse un peu ! »), ceux qui pensent que ce n’est pas sérieux…
Les lecteurs qui s’y intéressent un minimum savent bien que ce n’est pas vrai. Que ce n’est pas grave d’aimer lire uniquement de la SFFF à l’âge adulte (on ne dit rien à ceux qui ne lisent que des polars, par exemple !). Que c’est une littérature très riche. Qu’il y a beaucoup de romans accessibles (et des ouvrages plus pointus pour ceux qui le veulent). Que chacun peut y trouver son bonheur, aussi bien pour s’évader dans quelque chose de léger que pour réfléchir sur notre monde actuel.
Je ne sais pas comment faire changer les mentalités. Peut-être en expliquant aux lecteurs de littérature « blanche » qu’un personnage de trentenaire parisien divorcé est, de toute façon, un personnage inventé, et que son histoire, c’est déjà de l’imaginaire ? Insister sur la différence entre réel et réaliste ? (que même une biographie est romancée, donc pas tout à faire réelle ? Et qu’une histoire de fantasy, même si elle n’est pas réelle, est réaliste dans le monde proposé ?).

-          Tes romans « Les élémentaires » et « L’effet Ricochet » ont été nommé en phase de préselection pour le #PLIB2018.  Quelle fut ta réaction ? Qu’est ce qui t’a inspiré ces histoires ?
Honnêtement, je suis SUPER contente. Déjà, je fais la danse de la joie chaque fois qu’on m’annonce qu’un de mes romans est nominé à un prix. Mais quand, en plus, j’ai su qu’il s’agissait des coups de cœur des blogueurs qui avaient eux-mêmes proposé des romans, j’ai trouvé ça encore plus fort !
Maintenant, j’attends de voir la short-list des 7 finalistes…
Ces histoires sont très différentes et sont nées de deux envies différentes.
Pour L’Effet Ricochet, j’avais envie de travailler sur le clonage, mais en partant du principe que les clones se ressemblent moins que des jumeaux (quand j’ai lu un article sur ce couple d’Américains qui avaient voulu faire cloner leur magnifique chat roux, et qui avaient eu un bébé chat gris et blanc… j’ai eu envie d’écrire quelque chose de différent de romans classiques autour du clonage où les clones sont des photocopies de leurs parents ou bien sont nés à but thérapeutique).
Le point de départ du roman vient de mes filles, qui ont 8 ans d’écart, mais se ressemblent comme deux gouttes d’eau au même âge. Ma fille aînée est tombée quand elle avait deux ans, et s’est ouvert les lèvres. Rien d’extraordinaire. Elle est tombée, une semaine plus tard, et a rouvert la blessure, ce qui lui a laissé une marque (et fait que je m’en souviens). Lorsque ma petite dernière est tombée, à deux ans, et s’est ouvert les lèvres… j’ai trouvé la coïncidence extraordinaire. Et c’est parti de là ! Combien de petits bobos pourraient arriver à deux clones qui se ressemblent comme des frères et sœurs avant qu’on réalise qu’il y a un lien ? J’ai déroulé le fil de la pelote à force de questions, de « et si ? »…
Pour Les Élémentaires, c’est très différent. Même si le roman a été publié en 2017, c’est une histoire que je porte depuis… bien avant ma première publication. À l’époque, j’étais encore très active au sein du Collectif CoCyclics. J’avais écrit mon premier roman (La tétralogie Fedeylins) et le roman cherchait son éditeur pendant que je passais à autre chose. J’écrivais quelques nouvelles… et il y a eu un appel à textes pour une anthologie sur le thème « Boules de feu et droits sociaux ». Le thème m’a tellement amusé que j’ai créé cet univers de fantasy un peu décalé ! J’ai écrit une nouvelle (« Les rats de glace ») en me disant que, si elle était acceptée pour l’antho, j’écrirais un roman dans le même univers. J’ai eu un oui ! Mais l’antho ne s’est jamais faite, finalement. Tant pis, j’ai quand même avancé sur le roman !
Mais il ne fonctionnait pas, alors je l’ai mis de côté (après quand même 4 ou 5 versions différentes). Je crois que c’est après avoir vu « La Reine des Neiges » que j’ai compris ce qui ne fonctionnait pas (mon personnage principal ne souffrait pas assez !). J’ai donc repris le roman, des années après, et j’ai trouvé un axe qui me satisfaisait plus.

-    Avec tous ces projets d'écriture, as tu le temps pour lire ? Quelles ont été tes plus belles découvertes en 2017 ? 
J’essaye de lire régulièrement (je crois tourner à 1 roman par semaine environ). Ce qui doit donner à peu près 50 bouquins par an, ce qui me semble pas mal ^^
Donc je ne me classe pas dans les lecteurs qui tournent à 200 romans par an, mais je ne suis pas une petite lectrice pour autant !
Mes plus belles découvertes 2017 ? Hum, je dirais :
·         La trilogie « Ne ramenez jamais une fille du futur chez vous » de Nathalie Stragier (je me suis régalée avec les trois tomes à la fois légers et tellement importants sur le féminisme)
·         « 1749 Miles » de Fabienne Blanchut (j’ai pleuré un max en lisant cette fiction adaptée de l’histoire du premier chimpanzé envoyé dans l’espace)
·         « Saving Paradise » de Lise Syven (une intrigue haletante aux persos attachants… je suis fan !)


-          Merci pour ces recommandations, que j'ajoute à ma wishlist (sauf Saving Paradise dont j'ai déjà lu le tome 1 et que j'avais également adoré!) J'arrive à ma dernière question : quels sont tes projets  d’écriture / parutions ssur 2018 ?
Alors ! En janvier, « Papa de Papier » aux éditions Syros. C’est un roman à destination des lecteurs à partir de 10 ans, autour de la maltraitance et des dessins qui deviennent réels (ou pas).  Un texte fort où on se raccroche à l’imaginaire pour supporter des situations difficiles au quotidien.
En avril, aux éditions Castelmore, « Ma pire semaine de vacances », un texte plus léger (quoique) autour d’un groupe de cousines en vacances… et d’insectes mutants ! De l’aventure en famille, de l’écologie (forcément), tout ça, à partir de 10 ans.
Et pour les plus grands (ados et adultes), juste avant l’été, « Poumon Vert » aux éditions du Seuil (comme « L’Effet Ricochet »). Un roman autour de la vie, l’amour, la mort et les… plantes. Encore de l’écologie, mais cette fois-ci dans le futur, avec une thématique forte autour du deuil. J’espère qu’il vous plaira !

Merci infiniment Nadia pour avoir participé à cette interview! Si vous désirez la suivre sur les réseaux sociaux rien de plus simple, vous la trouverez sur facebook, sur twitter et sur son blog très actif!

Et pour en savoir plus sur mes avis sur ses romans :
L'effet Ricochet
Seuls les alligators vous entendront crier

mardi 16 janvier 2018

CHRONIQUES HOMERIDES T1 : LE SOUFFLE DE MIDAS, D'ALISON GERMAIN #URBANFANTASY

"Entre tes mains, fille d’Homère, brûle encore le pouvoir des Dieux."
Avant de parler de ce que j'ai pensé de cette lecture, je tiens une nouvelle fois à remercier mon amie Claire pour m'avoir très gentiment offert ce roman, qu'elle m'a fait dédicacer lors des Hallienales ! 

Les Chroniques Homérides, j'en entends parler depuis quelques années maintenant, principalement sur la chaîne booktube d'Alison : Lili bouquine. Passionnée de mythologie , elle avait  son histoire depuis longtemps, et elle a pris le temps de la travailler, pour le plus grand plaisir des lecteurs.
Ce sont les éditions du chat noir qui lui ont donné sa chance d'être publiée. Connaissant un peu le travail de qualité de cette maison, j'avais donc peu de doute sur l'histoire de Louise et de son souffle de Midas.  

Dans ce récit, on découvre Louise, une femme d'un peu plus de 20 ans, qui vit dans les Cornouailles anglaises, plus précisément à Falmouth (Ouiiii j'ai pu visiter un peu cette région, j'avais adoré! Selon les coins, on ressent énormément de mystères et cela permet de faire parler son imagination!)


Etudiante, elle comble ses heures libres en travaillant dans une boutique ésotérique qui vend principalement minéraux et pierres précieuses. Autant vous dire que cette première approche m'a beaucoup plu! Mon amour pour l'Angleterre est indemne depuis plus de 15 ans maintenant, et j'aime tout ce qui se passe là bas! J'ai aussi été très surprise d'apprendre qu'Alison s’intéresse à ce domaine! J'ai trouvé cela original, même si l'ésotérisme rappelle très vite la sorcellerie, et donc certaines sagas chouchous de l'autrice (comme Outlander de Diana Gabaldon, ou le livre perdu des sortilèges de Deborah Harkness) Mais la référence s'arrête là, puisque Lili ne nous entraîne pas dans une histoire de magie, mais dans la mythologie grecque.... Un soir, en rentrant chez elle, Louise va être témoin d'un meurtre et va être blessée en voulant s'enfuir. Le lendemain, elle se retrouve saine, dans son lit, mais personne ne croit en son histoire puisque le corps de la victime a disparu, et qu'ils ont retrouvé Louise bien plus loin que là où elle prétendait être. De plus, elle découvre sur elle de la poussière d'Or. Qu'est ce que cela veut dire? La seule personne qui va la croire est Angus Fitzgerald, un détective privé...

J'ai trouvé cette lecture plaisante, déjà par l'écriture très soignée :  Aucune répétition, on sent qu'Alison s'est appliquée sur chaque phrase, chaque réplique, chaque description. Cela dit, j'ai ressenti une gêne au bout d'un moment. A force de travailler l'écriture, j'ai trouvé qu'elle perdait de la spontanéité, et que l'ensemble était peut être un peu trop "scolaire" (ne pas le prendre au sens péjoratif, mais dans le sens où c'est trop sous contrôle) et lorsque certaines scènes devaient être émouvantes, ou émoustillantes.... Je n'ai malheureusement rien ressenti. 

L'approche de la mythologie grecque est intéressante, et c'est ce point qui intéressera nombre de lecteurs.   Il est rare, en urban fantasy, de découvrir des récits qui présentent d'autres créatures que les vampires, les loups-garous, les fantômes, les zombis, les faës etc... Ici, on est en plein dans les légendes d'Homère. elle nous rappelle quelques mythes avec beaucoup de simplicité, et ce fut un plaisir de redécouvrir ces histoires (notamment celle de Midas). La suite de l'aventure devrait nous emmener dans la cité d'Hestiapolis et j'ai hâte d'en apprendre plus sur la mythologie et sur l'univers réinventé par Alison! J'ai vraiment trouvé l'approche fantastique bien amenée, et originale.

Il y a de nombreux personnages principaux, et secondaires. Tout d'abord Louise. L'histoire étant écrite d'un point de vue omniscient, nous découvrons tout en même temps et nous nous prenons d'empathie pour cette jeune femme qui n'a rien demandé et va voir sa vie chamboulée du jour au lendemain. Et le souffle de Midas, dont elle a hérité, est aussi bien un don qu'une malédiction! Difficile d'avoir une vie classique avec un tel pouvoir, surtout quand on ne sait pas le maîtriser.. 


Angus m'a bien intrigué et attiré! Sa relation avec Louise est ambigüe, passant d'un rôle de protecteur sous son étiquette de détective privé, à celui de séducteur en ne laissant pas la jeune femme indifférente.

Je me pose énormément de questions sur Jasmine, Moira et surtout Nicholas O'Flammel.. Ce nom est il si innocent que cela ou y-a-t-il un lien avec l'alchimiste?  

La fin arrive assez vite par rapport au reste du récit (il faut passer une centaine de pages pour entrer dans le vif du sujet) et m'a laissé sur une belle surprise! Vivement la suite :)  


Les Chroniques Homérides est un dyptique écrit par Alison Germain, aka Lili Bouquine.. On prend le temps de découvrir l'univers crée par Alison Germain. Mythologie, course-poursuites, prophéties, personnages intriguants, voyage en Europe, cité perdue... Ce roman plaira à de nombreux lecteurs aimant l'urban fantasy et souhaitant découvrir un univers rarement utilisé dans le genre. Pour un premier roman publié, je salue le travail d'Alison Germain sur le soin apporté à son écriture et son univers! 

Roman en lice pour le Prix Littéraire de l'Imaginaire BooktubersApp
#PLIB2018
#ISBN:9782375680537

lundi 8 janvier 2018

BOUDICCA DE JEAN LAURENT DEL SOCCORO #FANTASY #HISTORIQUE #PLIB2018


Angleterre, an I. Après la Gaule, l’Empire romain entend se rendre maître de l’île de Bretagne. Pourtant la révolte gronde parmi les Celtes, avec à leur tête Boudicca, la chef du clan icène. Qui est cette reine qui va raser Londres et faire trembler l’empire des aigles jusqu’à Rome ?


À la fois amante, mère et guerrière mais avant tout femme libre au destin tragique, Boudicca est la biographie historique et onirique de celle qui incarne aujourd’hui encore la révolte.


















Connu pour son premier roman paru en 2015 " Royaume de vent et de colère", qui a reçu le prix Elbakin, j'étais intriguée et j'avais envie de découvrir la plume de Jean Laurent Del Soccoro. Lorsque, lors d'une rencontre, il m'a expliqué que Boudicca était une femme celte qui a vécu en l'an 1 après JC  , il ne m'en a pas fallu plus pour me le procurer. 


J'ai commencé ma lecture peu de temps après avoir lu "La fée, la pie et le printemps" qui proposait les premiers chapitres de Boudicca. Et le début était un peu bancal, surtout à cause de cette phrase qui introduit le premier chapitre :  
 La victoire d'Antedios sur Cubobelin est telle que l'ogre trinovante doit finalement devenir client du lièvre icène.
Avouez que lorsque l'on manque de connaissance historique, on se demande où on met les pieds :)

En gros, voilà à quoi ressemblait l'Angleterre en l'an 1 ap JC :
  

Les Icenes étaient dirigés par Antedios, le père de Boudicca. Sa femme étant morte en couches, il eut beaucoup de difficulté à se lier à sa fille unique. 
Les trinovantes sont un clan plus au sud, dirigé par Cunobelin.

Chaque clan était soit soumis, soit opposés aux Romains qui tentaient de commercer avec la Brittania. C'est dans ce contexte historique que l'on découvre la vie de Boudicca, à travers quelques 270 pages. 

Reine, femme, amante et toujours fille du roi, je suis trop de choses à la fois pour être vraiment moi. J'oublie alors ces Boudicca qui me hantent pour n'être que la moitié de cette jouissance, le second de ces deux corps haletants qui s'étreignent dans la sueur et le plaisir.


Dans sa dédicace, l'auteur me demande qui de la Reine, de l'Amante ou de la Guerrière je préfère.. et bien je dois dire toutes, puisque Boudicca n'est qu'une seule entité, au fort caractère, insoumise, engagée, libre et éduquée. 

Le roman est découpé en trois parties, ce qui permet de se focaliser sur chacune de ses facettes. La première vollute nous présente l'enfance de Boudicca, jusqu'à ce qu'elle prenne le pouvoir.
La seconde nous la présente dans son rôle de femme, d'amante, de guerriere.

Puis dans la dernière partie, nous la découvrons en tant que Reine insoumise, en tant que rebelle face à l'armée romaine. J'ai été bouleversée lorsque les Romains viennent demander leur dû, c'est un passage horrible, je n'ose imaginer la souffrance des victimes et j'ai trouvé que Jean Laurent transcrivait bien les émotions puisque j'ai eu la boule à l'estomac et les larmes aux yeux. Mais Boudicca s'est relevée et a emmené son armée se rebeller contre l'Empereur. Ses actions sont allées très loin, et une statue a été érigée en son nom à Londres. 

JL Del Soccoro a fait beaucoup de recherches sur cette époque de l'Histoire et sur cette femme, afin d'offrir aux lecteurs un récit proche de la réalité, bien que parsemé d'éléments de fiction. 
Ainsi, il a pris la liberté de laisser la sexualité de ces personnages libres, ce que j'ai beaucoup apprécié, mais il introduit également des sortes de rêves, d'illusions, que réalise Boudicca afin d'apercevoir le futur. Les druides présentés ici sont aussi fictifs.





Je suis ravie d'avoir appris un pan de l'Histoire, et d'avoir découvert une femme intelligente, cultivée, combattante. Ce récit, d'ailleurs plaira avec certitude aux féministes.


Pour en savoir plus sur la génèse du livre, je vous renvoie à cette interview réalisée pour ActuSF. 


Roman en lice pour le Prix Littéraire de L'imaginaire BooktubersApp
#PLIB2018
#ISBN:9782366298376


mardi 26 décembre 2017

QUAND TU DESCENDRAS DU CIEL, DE GABRIEL KATZ #POLAR

C'est encore Noël. Comme toujours, Benjamin Varenne galère. Comédien, beau gosse, séducteur invétéré, il a tout por lui... sauf le succès. Cette fois, il se retrouve ouvreur à l'Opéra pour les fêtes, un petit boulot en apparence plus tranquille que son ancien job de Père Noël aux grands magasins. Mais en volant au secours d'Ophélie, une jolie ballerine agressée par un fan à la sortie du spectacle, il ne sait pas encore - même s'il s'en doute un peu - qu'il va au-devant de très gros ennuis.
Harcelée par un admirateur fou qui la traque sur le net, la danseuse panique. Elle se sent épiée, suivie, jusque dans les couloirs sombres de l'Opéra... Benjamin, sans réfléchir, s'engage à le protéger, en se faisant passer pour ce qu'il n'est pas : un ancien des services secrets. Il n'en faudra pas moins pour affronter un psychopathe, des traîtres, des tueurs, des amoureux éconduits, des jaloux, et des mafieux chinois spécialisés dans le trafic de femmes...


Quand tu descendras du ciel offre au lecteur un très bon moment de lecture, entre fous rires et action permanente, nous découvrons cette aventure qui se passe à l'opéra Garnier puis à Venise pendant Noël.

Quel plaisir en cette fin d'année de retrouver la plume de Gabriel Katz ! ll nous propose ici une nouvelle aventure avec son personnage de Benjamin Varenne que vous avez pu découvrir dans l'opus précédent "N'oublie pas ton petit soulier".
Pour ma part, je le découvre dans cette aventure, après avoir appris que l'on peut lire chaque histoire séparément.


Gabriel Katz a une écriture super fluide, on entre dès les premières lignes dans le récit, c'est parsemé d'humour, de références à la danse et à l'opéra (merci pour ces quelques notions de culture), il y a de nombreux dialogues qui rendent l'ensemble très dynamique. Chaque page apporte son lot d'action, et de rebondissements! Entre rire et surprise, je me suis beaucoup esclaffée tout au long de ces 250 pages. J'ai aimé les recherches qu'il a entrepris sur le monde de l'opéra, que ce soit au niveau des termes professionnels utilisés par les danseuses, que par des références à des opéras et ballets.


L'action est omniprésente. Tout commence avec Rothbart, un fan qui harcèle Ophélie et la suit comme son ombre (super flippant d'ailleurs) et cela va s'aggraver quand ils vont partir en Italie!

J'ai adoré Benjamin Varenne, le personnage central. Acteur looser qui rappelle la carrière raté de Joey dans Friends, il remplit son frigo à l'aide de petites missions. Cette année, à Noël, il travaille en tant que vigile à l'entrée de l'Opéra Garnier de Paris. Célibataire et trentenaire, il cherche la femme qui fera vibrer son coeur. Et en rencontrant Ophélie il va se faire passer pour un garde du corps et lui proposer ses "services de protection", "services" qui vont s’étendre jusqu'en Italie et qui vont le plonger au cœur de la mafia. Benjamin se veut dragueur mais ne sait pas s'y prendre. Du coup, il va s'enfoncer de mensonges en mensonges, et entre ses dires et ce qu'il se passe autour d'Ophélie, autant vous dire que cela emmène le lecteur devant des situations burlesques et rocambolesques! En y repensant c'est vraiment lui qui fait l'histoire, c'est le  miel et tous les personnages gravitent autour. Il s'adapte aux situations, il a beaucoup de chances je pense, et il sait bien se faire entourer. D'ailleurs, j'espère avoir des réponses sur sa rencontre avec David dans "N'oublie pas mon petit soulier".

J'étais, durant ma progression de lecture, incapable de savoir comment Gabriel Katz allait sortir ses personnages de ce bourbier! Impossible de savoir quel sera son prochain pas de danse, ça doit être un talent inné chez cet auteur,  puisqu'on le ressent dans toutes ses oeuvres !


Si vous souhaitez passer un moment de lecture très agréable, lire un roman bourré d'action et d'humour, avec des personnages attachants, je ne peux que vous recommandez cette histoire! 

Je remercie vivement NetGalley et les éditions du Masque pour ce service presse numérique!


Souvenir de lecture : 

Gros fou rire pendant le passage où Benjamin se trompe de cible à Venise, je ne peux pas en dire plus, mais si tu passes par ici Gabriel, merci énormément !!



lundi 18 décembre 2017

LA FEE, LA PIE ET LE PRINTEMPS, D'ELIZABETH EBORY #SFFF #FANTASTIQUE #PLIB2018

Titre : La fée, la pie et le printemps

Auteur : Elisabeth Ebory

Maison d’Edition : Actu SF

Date de Parution : 24 août 2017



En Angleterre, les légendes ont été mises sous clé depuis longtemps. La fée Rêvage complote pour détruire cette prison et retrouver son pouvoir sur l’humanité. Elle a même glissé un changeling dans le berceau de la reine...
Mais Philomène, voleuse aux doigts de fée, croise sa route. Philomène fait main basse sur une terrible monture, des encres magiques, un chaudron d’or et même cette drôle de clé qui change de forme sans arrêt. Tant pis si les malédictions se collent à elle comme son ombre... Philomène est davantage préoccupée par ses nouveaux compagnons parmi lesquels un assassin repenti et le pire cuisinier du pays. Tous marchent vers Londres avec, en poche, le secret le plus précieux du royaume.
Des personnages empreints d’une légèreté désespérée, une aventure aussi féerique que profondément humaine. Élisabeth Ebory renoue avec le merveilleux des anciens récits, sans nier leur part d’obscurité.




J’ai profité d’une promotion sur Emaginaire pour acquérir ce livre numérique. Ce n’est pas vraiment le résumé proposé par l’éditeur qui m’a interpellé (je le trouve décousu et pas intriguant) mais  sa belle couverture réalisée par Lucie Mazel, ainsi que les avis positifs que j’ai pu lire.
Ce roman fantastique se déroule en Angleterre, à la fin du 19e siècle. Il oppose le monde des humains au monde des fées. Ces dernières sont emprisonnées depuis plusieurs siècles dans leur monde afin de ne plus nuire aux Hommes. Elizabeth Ebory  exploite donc son univers dans ce monde parallèle. J’ai aimé voir ce que l’autrice a fait des fées dans son histoire. D’une part, les fées sont loin d’être scintillantes et bienveillantes, bien au contraire. D’autre part, on distingue le monde des fées par l’absence de lumière dans leur prison. Tout est brumeux, gris, pas forcément ravissant. Le système de magie crée est agréable à découvrir. Chaque fée semble posséder des pouvoirs différents, comme le montre l’une des fées principales en début de récit, en amenant la foudre sur Londres.  Le système des raccourcis m’a bien interpellé aussi , j’ai trouvé ça inventif et super utile !!
De l’autre côté, notre monde, et particulièrement Londres et sa forêt environnante. J’avais l’odeur des pins dans le nez, j’entendais le bruit des calèches, ainsi que les brindilles qui craquent sous les pieds. Le seul bémol que j’aurai à faire se situe au niveau de l’atmosphère Londonnienne. Au vu de l’époque, j’espérais ressentir un peu plus l’ambiance victorienne. Cela est bien décrit en première partie mais je trouve que ça s’estompe trop dans la seconde.

Elizabeth Ebory alterne le récit entre deux protagonistes : Rêvage,  une fée arrogante, qui a mis en place un plan machiavélique il y a de nombreuses années pour permettre à son peuple de gouverner. Les chapitres  la concernant sont écrits à  la 3e personne du singulier.  Son caractère arrogant, sarcastique et bien trempé m’a vraiment plu ! On ressent à travers sa personnalité l’envie de retrouver sa liberté et ceux des siens, mais également de nuire aux humains en reprenant les rênes du royaume. Elle est ambigüe, entêtée, et en fera voir de toutes les couleurs à son compagnon de route : Sean. C’est lui qui devait garder l’œil sur le changeling qu’elle a placé dans le berceau royal mais les choses ne se sont pas passées comme elle l’espérait.  

Philomène est aussi une fée. Ses passages sont écrits au présent et d’un point de vue subjectif.  J’avoue cependant avoir eu un peu de mal au début du récit à m’adapter à cette forme narrative, bien que cela permette de s’immerger encore plus dans son monde et dans ses émotions. Cleptomane, elle aime commettre les plus grands vols, comme en témoigne la présence du cheval NightMare. Elle n’est pas toujours facile à cerner, je me suis longtemps posée la question de ses origines et de ses ambitions.

Elizabeth Ebory publie ici son premier roman, et j’imagine qu’alterner les formes narratives ne doit pas être un exercice facile.
Ce livre est accessible aux adolescents. Les chapitres courts et les multiples dialogues rendent l’ensemble encore plus dynamique. Certains évènements se résolvent un peu vite, et l’autrice nous laisse des indices très gros pour nous permettre de deviner facilement les fils de sa toile. Personnellement, cela ne m’a pas gêné.
Durant ma lecture, j’ai pensé à La Stratégie des As, de Damien Snyers, publié également chez ActuSF ! J’ai notamment retrouvé la même dynamique dans l’action, la joie de découvrir plusieurs créatures féériques avec une ambiance particulière. Si vous avez eu l’occasion de lire et d’apprécier ce roman, je suis certaine que vous aimerez également La fée, la pie et le printemps !
Ce livre fait partie de la pré-sélection du Prix Littéraire de l’Imaginaire BooktubersApp (#PLIB2018)


Roman en lice pour le Prix Littéraire de L'imaginaire BooktubersApp
#PLIB2018
#ISBN:9782366298499