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mercredi 11 octobre 2017

CHAMAN DE MAXENCE FERMINE #CONTE

Le jour où Richard Adam comprit qu’il n’avait qu’une vie, il n’avait jamais été si proche du ciel. Et pour cause. Il se tenait en équilibre sur une poutrelle d’acier, à près de soixante mètres de hauteur. Parvenu au bout de son perchoir, il s’arrêta, retint son souffle, et contempla une dernière fois le paysage qui s’offrait à lui, telle une flaque d’or blanc. Il pensa que la vue était sublime, et la vie, terriblement fragile. Un souffle de vent, un faux pas, et il disparaîtrait à jamais. Il s’envolerait tel un oiseau dans les nuées.
Il n’avait jamais été vraiment sujet au vertige. Jusqu’à aujourd’hui. 

Je suis joie! Lorsque j'ai vu que Maxence Fermine sortait un nouveau roman chez Albin Michel le 12/10 et qu'il était proposé sur NetGalley, j'ai immédiatement fait ma demande auprès de ces deux partenaires, et je les remercie de m'avoir fait confiance!

Tout autour de lui était désespérément blanc. La ramure des arbres se confondait avec le sol, le sol, avec l'horizon, l'horizon, avec le ciel. Et le silence qui lui servait de linceul faisait comme un grand manteau de glace et de givre dont il ressentait le poids sur ses épaules.

J'ai découvert Maxence Fermine en 2012 avec son roman poétique Neige, dans lequel il nous emmenait au japon à travers un jeune homme qui écrivait des Haiku.
Depuis, j'ai lu de lui Les papillons de Siam, où il nous raconte la découverte de la cité d'Angkor, et aussi le palais des ombres, qui nous embarque dans la France des années 60 avec la quête initiatique d'un homme.

Avec Chaman, je suis servie!! Non seulement cela faisait plusieurs mois que je cherchais des romans sur ce thème, mais une fois de plus, l'auteur a tapé en plein dans le 1000 faisant de ce roman une histoire qui restera en mémoire!

On y découvre l'histoire de Richard Adam, un homme métisse, de père blanc et de mère amérindienne. Lors du décès de cette dernière, il va exaucer son dernier voeu : répandre ses cendre à Sioux Fall, sa ville natale. C'est alors que Richard va vivre une incroyable histoire le menant dans une quête initiatique, un retour aux sources, et évidemment, une découverte de qui il est réellement et profondément.

Fais du bien à ton corps pour que ton âme ait envie d'y rester.

La plume de Maxence Fermine est poétique, elle embarque le lecteur dès les premières lignes. De plus, le thème du chaman, et des indiens, nous permet de nous sentir plus proche de la Terre, de la Nature. Grace à de nombreuses citations en début de chapitres, on découvre la mentalité des tribus, leur façon de voir la vie, leur philosophie, leur respect de ce que la Nature nous a offert et c'était tellement beau, tellement réel! Ca m'a énormément touché et j'ai encore plus envie de lire des romans sur ces thèmes.

D'accord, mais il te faudra quand même la présence d'un chaman.

L'homme tiqua. Il n'y avait pas pensé.
- Tu es certaine?
- Oui. C'est la tradition lakota, c'est obligatoire si tu veux que ta mère demeur en paix pour l'éternité.



Il n'aurait su le dire. Pour l'avoir lu dans le journaux, il savait que près de 80% des habitants de la réserve étaient au chômage, et, par conséquent, victimes de l'alcoolisme et de la consommation de drogues. Mais ce qu'il ignorait, c'est que les ravages de tels fléaux se déroulaient au grand jour.

Cependant, tout n'est pas beau dans cette histoire. En effet, on découvre que Sioux Fall est une ville très pauvre, isolée, où les habitants sont en majorité alcoolique ou sous l'emprise de la drogue. La vie n'est pas simple, on est projeté dans leur pauvreté, et pourtant on découvre des âmes incroyables, au grand coeur, qui savent partager des valeurs de la vie bien plus importante que la société capitaliste.

Egalement, les rencontres de Richard vont l'emmener visiter certains endroits très connus comme le Mont Rushmore (ou Crasy Horse) et on découvre alors la triste vérité sur ces superbes sculptures. On en apprend plus sur les batailles qui ont opposé les amérindiens aux blancs colonisateurs, au terrible massacre qui a eu lieu en 1890, et cela fait que j'ai ressenti encore plus d'attachement pour ces ethnies.

Il parle aussi d'actualité avec le barrage de Standing Rock, qui a été installé pendant les 100 premiers jours de gouvernement de Trump, en dépit des fortes ripostes des habitants...
Il y a donc une forte critique de ce que les "Blancs" sont, comment ils agissent, de ce manque de respect pour autrui, pour la nature, au profit du capitalisme et du fameux Money Money Money.

Quand le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière, empoisonnée, le dernier poisson, capturé, alors le visage pâle s'apercevra que l'argent ne se mange pas.

C'est un récit incroyable, qui allie poésie, Histoire, réalisme, nature... Tout cela nuancé par la plume talentueuse de Maxence Fermine!


Je pense que vous le sentez venir, mais à mon avis, Chaman va être l'un de mes coups de coeur de l'année 2017 !

Je vous encourage vivement à le découvrir à votre tour, c'est un roman court (et ce serait le seul reproche à lui faire) et terriblement touchant!

Hélène


lundi 27 octobre 2014

Le palais des ombres, de Maxence Fermine


Paris, dans les années 1960. Nathan Thanner, trentenaire taciturne et discret qui ne vit que pour ses marionnettes confectionnées dans le secret de sa boutique, voit sa vie bouleversée par une lettre de son père auquel il ne parle plus depuis vingt ans. Cet ex-romancier à succès, dont la rumeur veut qu’il soit devenu fou, lui annonce son décès et l’héritage qu’il lui lègue : l’énigmatique maison où il vivait reclus, Le Palais des Ombres. Mais, même dans la mort, Hugo Thanner reste un être fuyant et mystérieux, à l’image de cette demeure diabolique qui semble se jouer de Nathan. Commence alors pour le jeune homme un inquiétant jeu de pistes dont l’issue pourrait le changer à jamais…









Maxence Fermine est un auteur que j'apprécie, et que j'ai découvert à travers Neige, puis le papillon de Siam. C'est avec plaisir que j'ai postulé pour ce titre lors d'une masse critique organisée par Babelio!

Le narrateur nous raconte comment sa vie a basculé à l'annonce de la mort de son père, qu'il n'avait pas vu depuis son enfance. Créateur de marionnettes, Nathan vivait une petite vie paisible jusqu'à la réception de la lettre à la mort de son père, Hugo, dans laquelle il apprend qu'il hérite du palais des ombres. Une grande maison pleine de secrets, qui se dit être maudite. Avec cet héritage, Nathan va découvrir qui était son père, cet homme qui l'a abandonné à ses 3 ans!

La quête initiatique menée par Nathan est bien rythmée! Entre la découverte du palais des ombres, les rencontres avec des personnages tous plus énigmatiques, ou encore les travaux d'écriture qu'il doit accomplir pour un éditeur qui veut obtenir gain de cause, on ne s'ennuie pas un instant et le livre finit par se lire assez rapidement!

On se laisse emporté par le mystère de ce palais des ombres qui représente un personnage à lui tout seul, rempli de secrets, d'un lourd passé et de quelques cachettes difficiles à trouver! Quant aux personnages, ils sont tous travaillés, on a l'impression d'être dans un monde spécial entre les marionnettistes, les éditeurs, et quelques magiciens! Hugo, le père, est toujours présent malgré sa mort et reste un fil conducteur de ce roman, raconté comme un journal par un fils qui voit sa vie chambouler à l'héritage de ce palais, lorsque tous les secrets sont levés! Nathan est un garçon plein de courage, qui aurait aussi pu décider de tout abandonner et va quand même jusqu'au bout, malgré les dangers qui se présentent! Hannah, une jeune femme qu'il rencontre, va le soutenir dans cette aventure et l'aider à pousser des portes qu'il aurait peut être voulu garder fermées!
L'histoire de la famille Thanner est touchante. L'histoire se déroulant en 1960 et les Thanner étant juifs, on fait très vite le rapprochement avec la seconde guerre mondiale et le nazisme, et pourtant, Maxence Fermine nous réserve quelques surprises à ce sujet! 

Dans l'histoire, on apprend que les Thanner aiment écrire, que ce soit Hugo ou bien Nathan, et par ce biais, j'ai eu l'impression que Maxence Fermine se livrait à nous en nous racontant les difficultés de l'écrivain et du romancier!

La fin est troublante, captivante, et m'a beaucoup secoué !

Maxence Fermine signe là un livre plein de poésie, de réfléxions, sur un adulte cherchant à découvrir qui était vraiment son père, et ce qu'il cachait dans ce palais des ombres! L'histoire se déroule à Paris, les descriptions permettent aussi au lecteur de faire un petit voyage touristique! Une quête initiatique, une écriture souple et captivante.. Si vous désirez savoir ce que renferme ce palais des ombres, n'hésitez plus, lisez le !

lundi 19 mai 2014

Le papillon de Siam, de Maxence Fermine

Vous avez sûrement entendu parler de la mythique cité d’Angkor, mais connaissez-vous l’explorateur qui l’a redécouverte au XIXe siècle ? L’homme est français et s’appelle Henri Mouhot. Et grâce au romancier Maxence Fermine, il reprend vie dans ce « Papillon de Siam ». Ce natif de Montbéliard fait ses premiers pas de voyageur en tant que professeur de français à Saint Pétersbourg. Puis il va sillonner l’Europe, en compagnie de son frère, et en ramener une multitude de photographies. Mais son rêve, - ou son cauchemar ?-, il va le vivre en partant pour l’Asie du Sud-est. Cette Asie qui le fait rêver depuis qu’il a lu une multitude de récits de voyage. Il arrive en 1858 en Thaïlande (on l’appelle le Siam, à l’époque) où règne alors le roi Rama IV. Puis, il poursuit vers le Cambodge où il tombe en extase devant les ruines d’Angkor, le chef-d’oeuvre - entre autre - du roi Jayavarman VII. Suivez Mouhot, faites vous plaisir, en lisant cette version réinterprétée de sa vie.



Mon avis : 

Ici, Maxence Fermine nous permet de connaitre la vie de ce garçon de Montbeliard, Henri Mouhot, qui rêve de voyager et deviendra par la suite un naturaliste, cartographe, explorateur... J'ai trouvé sa vie passionnante! On le découvre lorsqu'il est à l'école, et déjà à 15 ans, il ne pensait qu'à partir de son village montagnard! Puis à 18 ans, l'occasion lui est donné d'enseigner le français en Russie, et à partir de là, on va découvrir tout son périple jusqu'au Siam (Ancien nom de la Thailande jusqu'en 1939!) et sa découverte de la cité d'Angkor et les légendes qui lui sont attribuées.

Le lecteur découvre à travers ce récit  un  homme entêté mais également frustré avec un grand besoin d'accomplissement, ou encore les difficultés rencontrées, ainsi que le soutien financier qu'il a eu avec les Anglais, qui furent les premiers à publier la découverte de son voyage.
Cependant, le financement de l'expédition n'était autorisé qu'à la seule condition que ce naturaliste ramène un papillon de Siam, qui vole telle une légende.
"Henri Mouhot, lui, est un voyageur de l'espace, un corps céleste en mouvement, une comète. Il vivra moins longtemps, mais accomplira avec bonheur le voyage d'une vie, la sienne, qui devait être celle d'une étoile filante, le passage d'une météorite éclatant dans sa course folle le planisphère suranné pour recomposer une galaxie nouvelle où sa figure d'explorateur allait éclairer d'un feu nouveau, quoique éphémère, la constellation des grands découvreurs du XIXeme siècle."

Il sait qu'il vient de croiser les fantômes passés ou à venir des grands explorateurs de ce monde, cherchant comme lui une raison de vivre dans la découverte, l'aventure, le voyage même s'il sait qu'aucun d'eux ne parviendra jamais au terme de sa quête parce qu'il est impossible de capturer son propre reflet dans le miroir. "

Evidemment, Google Earth a encore été mon ami, et grace à ça, j'ai découvert quelques villes! Cela m'a donné très envie d'aller un jour à St Petersbourg, par contre, je passe mon tour pour Bangkok que j'ai trouvée tres sombre et surpeuplée, évidemment!


Cependant, la seule chose que j'aurai à reprocher à Maxence Fermine est peut être un effet un peu copier de ce qu'on peut trouver dans Wikipédia, je pense notamment au passage sur Mungo Park. Mais j'ai aussi découvert l'invention de l'appareil photo, crée par Mr Daguerre ainsi que les coûtumes et le mode de vie des habitants de l'Asie de l'Est. J'ai également été touchée par la légénde de la cité d'Angkor.

Je retire de ce roman un enrichissement de ma culture générale et un plaisir de voyager à travers les exploits de cet homme mal connu. j'ai passé un EXCELLENT moment, retrouvant avec plaisir la très belle plume de Maxence Fermine que j'avais découvert grace à Neige il y a quelques années, même si ce roman peut faire un peu plus encyclopédique pour certains...

Note : 9,5/10